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06 juin 2010

La vraie politique autrement ?

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L'Islande n'étant traitée dans les médias français que pour l'impact de l'éruption de son volcan au nom imprononçable, une information passée quasi inaperçue : un comique islandais du nom de Jon Gnarr va devenir le nouveau maire de Reykjavik, la capitale islandaise. Durant toute la campagne, Jon Gnarr et son parti, le "Meilleur parti" ont mené une campagne décalée, originale et détonnante.

Dans la vidéo ci-dessous, le "Meilleur Parti" annonçait notamment comme éléments de son programme : la distribution de serviettes gratuites dans les piscines de la ville, le don d'un ours polaire pour le zoo, la création d'un Disneyland à Vatnsmyri ou encore le bannissement de toutes les drogues au sein du Parlement d'ici 2020.



Un contenu aussi loufoque que son contenant. Pour faire passer ses messages politiques, le "Meilleur Parti" a beaucoup utilisé les vidéos et internet, avec dans cet exemple une reprise du tube de Tina Turner devenant une parodie politique. Loufoque certes, mais jamais dérangeant pour ne pas passer la ligne jaune, et finalement séduire et intriguer les électeurs islandais tout en ne braquant personne. Du pur entertainment politique.

On pourrait croire à une énorme farce, se souvenir de la campagne électorale de Coluche aux élections présidentielles de 1981, à la différence que le "Meilleur Parti" est arrivé en tête des suffrage avec 34,7% des voix, remportant ainsi six des 15 sièges de conseillers municipaux à Reykjavik.

Imaginez en France une Anne Roumanoff ou un Dany Boon élus maire de Paris (ou pas : pas assez drôles), et le tremblement de terre que cela provoquerait dans notre paysage politique.

Dans chacun des partis politiques traditionnels français, des politiciens traditionnels clament leur désir de cette politique autrement. Renforçant d'autant plus le désintérêt et le rejet des citoyens pour ces partis, pour ces élus. Car derrière le trublion comique islandais et son discours décalé se cache avant tout une forte dénonciation de la responsabilité de l'intelligentsia politique et économique du pays, pointée du doigt dans la crise que subit l'Islande depuis plus de deux ans. Où s'arrête la farce, où commence le populisme ?

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2 Commentaires:

Blogger Raphaël dit ...

Ce qui est encore plus intéressant, c'est que les partis traditionnels n'ont pas rechigné à négocier une alliance avec ce parti.
Même si son discours est discutable, la démocratie est respectée. C'est une manière de faire très scandinave.
En France, on s'acharne à bidouiller des modes de scrutin pour empêcher des partis peu respectables d'arriver au pouvoir. En fin de compte on étouffe la démocratie.
Sûrement que Jón Gnarr sera un très mauvais maire mais au moins les électeurs ont pu exprimer leur rejet des partis traditionnels.

06 juin, 2010 14:28  
Blogger Lislandais dit ...

Un très mauvais maire Raphaël ? Pas si certain. Beaucoup d'Islandais sont convaincus qu'une véritable envie de bien faire le "job" se dissimule sous la posture du clown.

21 juin, 2010 10:23  

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