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23 juillet 2010

Communication politique versus communication publique

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Très certainement, le "Bonjour, je suis Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, vous venez d'appeler le standard de la Région ouvert du lundi au vendredi de 8h à 19h" en messagerie du répondeur de la Région Poitou-Charentes deviendra culte. Pendant quelques heures ou jours au maximum. On rigolera, on critiquera, on défendra, on commentera. Et on oubliera.

Tout comme on a (presque) oublié le ramdam autour du compte Twitter du Ministère de l'Intérieur. Une très mauvaise utilisation de l'outil, très certainement sans véritable réflexion ni stratégie en amont, on imagine un petit nouveau chargé de communication au Ministère, qui (auto-)proclamé geek a réussi à vendre l'ouverture du compte Twitter ; et la réponse de ses supérieurs : "vas-y coco c'est à la mode le Twitter". Pauvre petit jeune qui, voulant bien faire en citant Brice Hortefeux, a oublié de le préciser et d'utiliser les guillemets. Bronca sur Twitter, moqueries autant politiques qu'automatiques.

Derrière ces deux exemples, le même constat du mélange des genres : communication publique versus communication politique. Ségolène Royal qui utilise les moyens de la Région dont elle est Présidente pour faire parler d'elle, Brice Hortefeux qui utilise un outil de son Ministère pour médiatiser ses interventions. Comme le résume Élu Local sur Twitter : "
Quand on tweet les résultats des élections et qu'on fait son job: Ok. La propagande politique en revanche: marre".

Les ministres défilent, les ministères restent. Alors que les programmes et les actions des hommes politiques s'enchaînent, se font et se défont, dans les Ministères les fonctionnaires restent, et portent avec eux, en eux, les politiques publiques, la République Française tatouée en leur sein. Idem dans les régions, les villes, et toutes les institutions publiques.

Il serait tellement simple pourtant d'avoir, en prenant l'exemple de Twitter, un compte pour le Ministère (l'institution) et un pour le Ministre (le politicien), le premier géré par un fonctionnaire du service de communication et financé par l'administration, le second par un membre de l'UMP et financé par le parti. Que ce soit "pour faire du buzz" comme ils disent, par amateurisme bien souvent dans la communication digitale, ou volontairement pour utiliser le denier public et non celui des partis politiques jamais assez important, l'utilisation des outils de communication de la République pour porter la voix des élus entraîne forcément un mélange des genre malsain.

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4 Commentaires:

Anonymous Nicolas dit ...

Tout à fait d'accord avec toi.
Le message de Ségo, c'est quand même énorme. T'imagines, à chaque fois que t'appelle, t'as ça en boucle?
Elle fait vraiment pas les choses comme les autres (et c'est pas forcément un atout, contrairement à ce que pense les Ségolatres)

23 juillet, 2010 14:12  
Anonymous Fabien Lorc'h dit ...

J'irais plus loin que toi. Il y a une confusion globale du politique entre sa propre personne et sa fonction. On croirait revoir le sentiment de l'ancien régime. D'ailleurs à ce sujet je suis en train de lire Kantorowicz, Les deux corps du Roi. Toujours d'actualité dans notre monarchie démocratique.

23 juillet, 2010 19:13  
Anonymous leuviah dit ...

Soutenons nos personnalités politiques en valorisant leurs actions sur ce site : www.votepopuli.com

24 juillet, 2010 14:52  
Anonymous Olivier Doutrellot dit ...

La distinction entre la communication publique et la communication politique n'est pas si simple à faire.

Par exemple, dans le cadre d'une collectivité comme la région ou la ville où le dirigeant de l'institution est élu, une partie de l'action de celle dépend de la volonté du représentant. Dans la cas d'un ministère, l'action de l'institution s'incarne souvent dans les actions de son responsable.

Par ailleurs si les ministères changent, ceux-ci ne sont pas toujours évalués en fonction de ce qu'ils font mais de celui qui est à leur tête.

Mais surtout, les politiques/élus capitalisent pour leur propre prestige les actions de l'institution donc je doute franchement qu'ils soient disposés à séparer les deux.

Si je suis d'accord pour dire que ce mélange des genre porte préjudice à l'institution, je doute que ça change...

27 juillet, 2010 22:04  

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