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23 février 2010

Le consensus mou de la violence au lycée

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Note écrite pour L'Express.fr

Dans trois semaines, le premier tour du scrutin des élections régionales sera achevé. Difficile d'y croire, on dirait que seules quelques centaines de personnes dans chaque parti politique semblent s'y intéresser. Il faut dire qu'à droite, avec la moitié du gouvernement candidat aux régionales, l'implication est minimale. Et, sauf surprise majeure, la déroute que l'UMP s'apprête à endurer devra être rapidement oubliée médiatiquement. Alors surtout, ne forçons pas trop l'investissement pour ce scrutin: moins on en parlera plus vite on l'oubliera.

S'il est une thématique abordée lors de cette campagne, c'est la violence dans les lycées. Et l'opinion se distingue dans son essence même par son consensus mou. "Il y a aussi les collèges qui sont sous pression" comme nous le rappelle le blogueur l'Hérétique. Mais les collèges ne sont pas de la compétence des régions, alors surtout n'en parlons pas. La violence dans les lycées a le mérite de montrer le fossé entre la gauche et la droite, tout en étant le sujet national et régional par excellence.


Éducation versus répression

Rien que dans l'expression "violence des lycées", on retrouve le paradoxe segmentant l'idéologie de la droite à celle de la gauche. La violence d'une part, sujet propre à faire gagner la droite (souvenons-nous de 2007), aide à véhiculer les discours tout-sécuritaires de l'UMP. Les lycées, d'autre part, renvoient instinctivement à une problématique chère à la gauche: l'éducation.

Grâce à cette "violence dans les lycées", la gauche comme la droite peuvent asséner chacun leur fond de commerce. Rassembler qui autour de l'éducation, qui autour de l'insécurité. Surtout ne jamais être d'accord, toujours s'affronter pour mieux se différencier. On ne votera pas pour des propositions ou des projets, mais bel et bien par affinité avec une certaine idéologie.


National versus régional

L'insécurité, un débat national par principe. La violence ne s'arrête pas aux frontières des régions, aucune campagne différenciante région par région n'est possible. Ou comment rabaisser les candidats aux régionales, les priver de voix médiatique au profit des grands pontes de la politique nationale. Surtout ne pas faire émerger de nouvelles personnalités. Les lycées relégués au second plan, comme simple alibi pour parler d'éducation et d'insécurité.

L'exemple type de la nationalisation du débat sur ce scrutin régional est l'hypocrisie totale du chef de l'Etat, ou comment il affirme publiquement sur TF1 le 25 janvier ne pas vouloir s'impliquer tout en y participant activement, notamment en Corse au début du mois de février.

En dehors des présidentielles, les élections ne sont qu'un parcours de saut de haies entre deux nouvelles mandatures monarchiques. La Vème République a cela de vendeur qu'elle voit s'affronter dans le sang un nombre infime de personnalités, n'en gardant que deux pour le round final. Entre temps, on survole les haies parfois, on chute sur un obstacle aussi, et l'on agrémente le tout de remaniements pour faire passer le temps.

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20 février 2010

Marianne enceinte : la pub à la papa de Thierry Saussez

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Si vous ne lisez pas la presse papier et ne consultez pas les médias en ligne, peut-être êtes-vous passés à côté de cette campagne de pub du SIG, le Service d'information du gouvernement dirigé par le publicitaire Thierry Saussez.

On a vu naître des visuels d'une Marianne revisitée à la mode pubards des années 80, du Saussez tout craché. Certes efficace, mais terriblement pas réfléchi ni en adéquation avec l'époque actuelle.

Evidemment l'opposition - à juste titre - hurle contre cette campagne publicitaire du gouvernement. Juan résume en une seule phrase les deux principaux problèmes politiques de ce plan : "
Il s’agit d’abord d’une belle et grosse opération de propagande gouvernementale en pleine campagne électorale".

Tout d'abord l'approche des élections régionales : comment ne peut-on pas voir une propagande pour voter pour l'UMP, le parti gouvernemental, lors de ce scrutin. En promouvant le plan de relance de Sarkozy, cette campagne soutient avant tout ceux qui ont décidé ce plan de relance : l'UMP.

Dans un second temps, alors que la France traverse une forte crise économique et financière, et que l'on ne cesse de nous dire qu'il n'y a pas d'argent, que la France est en quasi-situation de faillite, on nous sort du chapeau un budget de presque un million d'euros. Terriblement choquant.

De façon encore plus perverse, il faudrait ajouter un problème que personne ne semble avoir soulevé : une parti du budget de cette campagne va se retrouver dans les caisses des médias français. Et l'on connaît les pressions habituelles auxquelles sont soumises les rédactions, par le biais de leur direction via les régies publicitaires, pour qu'elles ne déplaisent pas à leurs gros annonceurs.

Il est aberrant que Thierry Saussez n'ai pas réfléchi a priori à l'ensemble de ces problèmes. Alors même que son maître le Président Sarkozy traverse une période plus que difficile et que les scandales et polémiques se succèdent depuis plusieurs mois. Preuve une fois de plus de la déconnexion totale de nos élites avec la réalité du peuple.

Il serait temps que Thierry Saussez passe définitivement la main, car également sur la forme l'esprit fait déjà-vu. Rue89 prouve images à l'appui le cliché de la Marianne utilisée pour les plans de relance à travers l'histoire. Virginie Spies revient sur le symbole de la femme enceinte, de la maternité pour en conclure : "Finalement, on utilise l’image de la femme enceinte pour « vendre » le grand emprunt comme on utiliserait cette même image pour promouvoir une crème anti-vergétures. Alors, qui est le papa du bébé ? La communication, bien entendu".

Regardez bien le visuel de cette publicité, tous les clichés de la publicité sont présents. Le blanc, "la pureté cristalline" nous dit Thierry Saussez, il a du oublier la blancheur immaculée des tenues de Ségolène Royal durant la précédente campagne présidentielle. La maternité pour nous "projeter dans l'avenir" dixit le publicitaire auto-cramé, en espérant que notre Marianne ne devra pas souffrir d'une fausse-couche. Mais aussi le port altier de la tête, le regard porté vers l'avenir à droite, un seul pied en avant prêt à la marche. Les grands classiques du mouvement et de la douceur, la paradoxe de l'avenir et de la confiance. Des messages subliminaux renforcé par le message : "La France investit dans son avenir", au cas où le pèquenot moyen n'aurait pas compris.

Malgré tout, cette campagne est efficace. On en parle, de la forme et du fond. Une opération de communication politique qui serait réussie si l'on s'en tenait au vieil adage du "parlez-moi de bien ou en mal, mais parlez de moi". Et au final peu importe le contenu et le contenant dans cette campagne de publicité gouvernementale, avec un budget de 975000 euros, les Français vont être abrutis par notre Marianne nationale. Voila de quoi s'inquiéter pour la sortie prochaine du portail france.fr. Thierry Saussez vend son grand emprunt comme il vendrait de la lessive ou des yaourts, avec lui la France sera toujours plus belle, c'est ce que lui demande Sarkozy.

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19 février 2010

Le stress de la lutte contre le stress au travail

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Le stress au travail, voilà une expression bien médiatique pour le "plan d’urgence sur la prévention des risques psychosociaux". Derrière cette vaste communication du Ministère du Travail se cache surtout une conséquence des suicides chez France Telecom. Comme les politiques désormais ne peuvent s'empêcher de ne pas pondre une mesure dès qu'un fait de société envahit l'espace politico-médiatique, Xavier Darcos a donc accélérer un processus sur le stress au travail décidé en ... juillet 2008 !

Notons tout d'abord l'ambiguïté, voire la mauvaise foi du Ministre du Travail qui avait "invité" les entreprises "à engager des négociations, un diagnostic et/ou un plan d’action au plus tard le 1er février 2010" sur le sujet. On passe de l'invitation à la dénonciation des méchantes entreprises qui ne sont pas allé dans le sens du Ministère. Une dénonciation avec de simples indicateurs (rouge, orange, vert) et une liste publique des sociétés inhumaines.

Médiatisation, dénonciation, listing, voila de belles manières qui nuisent très clairement aux entreprises françaises. Loin de moi de vouloir devenir le porte-parole du Medef, mais force est de constater que la forme est plus que limite en terme d'éthique. Et qu'en est-il du stress des patrons soumis à la publication de la liste de la lutte contre le stress en entreprises ? Ne parlons surtout pas de résultats : avoir son entreprise sur la liste verte empêchera-t-il un salarié de se suicider ? Comment réagira-t-on dans ces cas de figures, je souhaite bien du courage aux équipes de communication de Xavier Darcos si un journaliste un peu impertinent venait à lui poser cette question. Tout un processus qui serait remis en question avec un simple et unique contre-exemple.

Par ailleurs, on notera la limite de cette communication : cette mesure ne touche que les entreprises de plus de 1000 salariés. Les employés des PME devront donc se suicider en silence, eux n'ont pas le droit de ne pas être stressés. D'ailleurs une telle mesure sans carotte ni bâton ne présente aucun intérêt, sinon une seule belle image d'un gouvernement tourné vers le social et le bien-être.

Il serait bon que le gouvernement parfois adopte certains principes des entreprises, comme celui de se fixer des objectifs. Alors, Monsieur Darcos, combien de suicides en moins en 2010 qu'en 2009 grâce à cette mesure ?

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18 février 2010

Frédéric Lefebvre ou la débilité 2.0

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Un tweet de Frédéric Lefebvre : "Où se croit le Parti Socialiste ? Il n’a plus rien à voir avec un parti de gouvernement !". Voilà, c'est tout. Le problème avec les politiciens un peu limités, c'est qu'ils arrivent même à se ridiculiser en 140 caractères.

Après on peut lire sur le site de l'UMP des propos de Frédéric Lefebvre : "On ne peut pas passer son temps à insulter l'adversaire pour masquer le vide ou les idées gênantes". Petit rappel du twitt de Frédéric Lefebvre : "Où se croit le Parti Socialiste ? Il n’a plus rien à voir avec un parti de gouvernement !". En voilà de belles idées. Si Monsieur Lefebvre ne cherche pas à masquer son vide et ses idées gênantes, mais alors que lui reste-t-il ?

"Où se croit le Parti Socialiste ? Il n’a plus rien à voir avec un parti de gouvernement !", allez savoir de quoi parle Frédéric Lefebvre, on n'en sait rien. Peut-être est-il atteint du syndrôme Gilles de la Tourette ? Peu importe de quoi il parle au final, c'est toujours le même refrain. Sauf que Frédéric Lefebvre est sur Twitter, et il n'a toujours pas compris comment cela fonctionne.


PS : oui ce post n'a aucun intérêt, sinon à montrer que Lefebvre est en train de devenir le plus gros fail de l'histoire de la politique française.
PPS : sinon, vous pouvez aussi lire ma chronique hebdo sur Tout Ca.

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17 février 2010

Réseaux sociaux politiques : le retour du local de campagne ?

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C'est à la suite d'un statut posté par le journaliste David Abiker sur son profil Facebook que je poursuis mon interrogation sur la nécessité d'un réseau social pour les partis politiques. David Abiker s'interroge en effet : "Le sujet des réseaux sociaux politiques semble emmerder tout le monde, un signe ?".

Je lui ai répondu ceci en commentaire : "
Personne ne s'est posé la question de savoir si c'était aux politiques de créer un réseau social pour que les gens viennent à eux, ou au contraire et inversement aux politiques d'aller vers les réseaux sociaux où sont présents les gens ? C'est le retour du local de campagne où l'on attend les passants versus les politiques sur les marchés".

Depuis le succès de my.barackobama.com, le réseau social lancé par celui qui deviendra le Président des Etats-Unis, les "spécialistes" de la communication politique ont tous proposé aux dirigeants des partis politiques d'avoir leur propre réseau social. Il y a quelques années, il fallait qu'un élu possède absolument son propre blog, qu'il abandonne très rapidement, au mieux dont il confie les clés à ses assistants désintéressés qui n'y publient que les rendez-vous médias de leur maître.

Comme l'explique très bien Stanislas Magniant, "
il serait suicidaire de prendre les outils de 2008 pour une campagne en 2012". Peu importe, certains ont facturé des fortunes pour des outils qui ne serviront probablement à rien. Toujours d'accord avec Stanislas Magniant (je vous invite au passage à lire le blog de NetPolitique) quand il dit que "les outils et les usages seront radicalement différents d’ici 2012" et aussi qu'il "ne faut pas confondre outils et stratégie".

Certes les réseaux sociaux propres aux partis politiques peuvent avoir une grande utilité, mais principalement pour mobiliser les militants en interne, pour discuter entre militants voire sympathisants. Mais nul besoin d'en faire des tonnes. Surtout, la finalité - gagner des élections - ne passe que très peu par un réseau social politique.

Nicolas Sarkozy, et la droite française actuelle plus globalement, gagne une élection grâce aux voix des plus vieux, ceux qui majoritairement n'utilisent pas les réseaux sociaux. Et pour séduire les plus jeunes, il faudrait d'abord que le Chef de l'Etat songe à modifier le
contenu avant de s'attaquer au contenant.

Pour la gauche, le seul intérêt des réseaux sociaux seraient de mobiliser encore plus la génération Y, tout en ne se coupant pas de la génération M, les néo-votants qui eux se retrouveront plus via leur mobile. Mais pour convaincre "les jeunes" d'aller voter plutôt que de s'abstenir, il faudrait déjà songer à l'image que la gauche renvoie d'elle-même auprès de ces écosystèmes.

Surtout, les internautes n'ont aucun intérêt à aller sur les réseaux sociaux politique, Coopol pour le PS et Créateurs de Possible pour l'UMP, ils sont (encore pour le moment) sur Facebook, sur MySpace ou sur Skyrock. Il existe des lieux digitaux de discussion, de rassemblement, de débats parfois préexistants sur internet. Et l'on voudrait les emmener ailleurs. Ce serait comme convoquer sans invitation les passants de la rue dans un local de campagne, au lieu d'aller aux pieds des immeubles.

Alors oui, un réseau social politique peut s'avérer être un bon outil (peut-être totalement dépassé dans un an ou deux) de ce que l'on appellerait dans le privé la communication interne, mais ô combien jamais un véritable élément pour toucher le consommateur final des politiciens, l'électeur citoyen.

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16 février 2010

Dominique de Villepin se chiraquise

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Dominique de Villepin a faim de revanche, et soif de pouvoir. Malgré l'appel téléguidé par l'Elysée du Procureur de Paris dans procès Clearstream, l'ancien Premier Ministre ne lâche pas, au contraire sa rage anti-sarkozyste est d'autant plus exacerbée.

Villepin ne veut pas pendre Sarkozy à un croc de boucher, il veut l'anéantir et l'humilier aux prochaines élections présidentielles. Avant tout, Villepin se voit comme futur Président en 2012. A minima, Dominique de Villepin sait qu'il a un fort pouvoir de nuisance : il rassemble quelques forces autour de lui - son réseau social VillepinCom rassemble plus de 5600 personnes quand celui de l'UMP les Créateurs de Possible, lancé à grands moyens en regroupe seulement 7000 - et DDV sait qu'il peut grapiller des voix au premier tour des présidentielles de 2012. Dominique de Villepin a également la capacité de nuire à l'image de rassemblement des droites cher au Président de la République, de lui empêcher un score stalinien au premier tour du scrutin de 2012.

Si Dominique de Villepin connaît ses forces et va les utiliser pour "foutre le bordel" à droite, il va également se lancer dans une opération de communication pour atténuer l'image négative qui transpire de sa particule : un aristocrate endimanché dans sa crinière d'argent. Et lors de son déplacement dans le Finistère, il balaye de la main l'épineux problème du politicien jamais élu : "l'idéologie, l'esprit partisan ne correspond pas à ma démarche, car il tend à isoler, couper la Nation plus qu'à l'ouvrir" (on est d'accord, il y a encore des progrès à faire dans la langue de bois). Mais c'est avant tout le contenant qui l'intéresse, de se donner une image.

En allant en déplacement dans le Finistère, sur le thème de l'agriculture, il renoue avec l'imagerie chiraquienne de la proximité avec le peuple, avec le terroir. Et la communication politique de Dominique de Villepin est bien cadrée, on dirait du Claude Chirac dans l'image, photos et vidéos de Villepin avec un porcinet dans les bras à l'appui. Du Chirac tout craché également quand il balance cette cochonnerie à propos de ce porc : "il ne vous rappelle pas quelqu'un ?".

Un procès retentissant, avec la haine de Sarkozy comme tremplin, Villepin intrigue et intéresse les journalistes soumis à la pression de l'Elysée, et de l'agenda de son occupant. Pas moins de 50 journalistes pour un déplacement d'un ex Premier Ministre, si Villepin continue à maîtriser aussi bien ses petites phrases et les images qui vont avec, nul doute que les médias continueront d'en parler.

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14 février 2010

Nouvel an chinois

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Observer, déambuler, saisir. Le nouvel an chinois, sa parade à Belleville. L'occasion de saisir quelques instants, volés. Pour voir toutes les photos, rendez-vous sur mon compte Flickr.

Vu !

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13 février 2010

Aux élections régionales, je voterai pour ...

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C'est le gentil crapaud qui me demande pour qui je vais voter aux prochaines élections régionales. Cette question vient d'une chaîne de blogs citoyenne lancée par Matthieu. Principe de la chaîne, si Mrs Clooney, Elmone, Christophe, Seb, Seb Musset, Emery, ou encore Manue souhaitent la poursuivre, je serais curieux de lire leurs choix.

Voici les trois questions et mes réponses.

* Voterez-vous lors des élections régionales ?
* Si oui, savez-vous déjà pour qui vous voteriez au premier tour ? Pourquoi ?
* Avez-vous une idée de vote pour le second tour ?

Vu que je n'aime pas les chaînes, je vais répondre à ma façon, mais aux trois questions quand même. Certains s'attendraient probablement à ce que je vote pour le MoDem, aveuglément. Mais si j'ai décidé de ne pas renouveler ma carte cette année, il y a des raisons.

Avant tout, j'exclue bien forcément de voter pour un parti des extrêmes, leurs idées ne sont pas les miennes. Votant dans la région Ile-de-France, Valérie Pécresse n'aura pas mon bulletin non plus : si j'exècre la droite sarkozyste, ce n'est pas pour avoir une Présidente de Région membre du gouvernement actuel. C'est viscéral, le style politique ne me correspond pas, la philosophie de leur exercice du pouvoir m'horripile. Je ne lirai donc même pas le programme de l'UMP.

Avec toute la sympathie que je porte à Jean-Luc Mélenchon, il me serait impossible de voter pour le Front de gauche notamment car il s'est allié avec le Parti Communiste Français, un parti qui aurait dû s'auto-dissoudre depuis bien longtemps. Et voir que Jean Ferrat soutient le Front de gauche me donne des frissons dans le dos (c'est une longue histoire).

N'aimant pas voter pour des petits partis qui représentent plus l'apparatchisme de leurs candidats que leurs idéaux, ne restent plus que le Parti Socialiste, le Mouvement Démocrate et Europe-Écologie. J'évacue rapidement Europe-Écologie, je n'ai toujours pas compris l'essence de ce groupement ; et l'écologie n'est plus depuis longtemps le monopole d'un seul parti, rien que le nom m'énerve : il y a rien que sur le principe une erreur politique.

Je ne voterai pas non plus pour Alain Dolium, la tête de liste du MoDem en Ile-de-France. A mon grand regret pour le profond respect que je porte à la tête de liste parisienne, Fadila Mehal, une femme sincère, brillante et véritablement engagée. J'ai eu l'occasion de rencontrer Alain Dolium et de discuter avec lui, je regarde avec assiduité son parcours dans le sérail politique et son engagement dans cette campagne des régionales. Si le personnage est très sympathique, si sa sincérité fait du bien à la politique, je ne vois pas en lui un politique.

Le Président de la Région Ile-de-France doit gérer la première région économique européenne par son PIB, une région de plus de 11 millions d'habitants, et surtout un budget de plus de 4,5 milliards d'euros. Je veux choisir un candidat qui sache être le gestionnaire de cette région, qui porte une vision réaliste et professionnelle. Je n'arrive pas à concevoir que l'on puisse donner les rênes d'une entreprise du CAC 40 à une personne aussi inexpérimentée. Je suis peut-être trop pragmatique, mais à mes yeux la politique est une chose sérieuse. Pour moi, Alain Dolium n'a ni l'expérience, ni la stature pour assumer cette fonction.

Au second tour donc, sans hésiter je voterai pour Jean-Paul Huchon. Au premier tour, je n'ai pas encore choisi : abstention, bulletin blanc ou bulletin socialiste. L'abstention m'embête, par principe citoyen, mais le vote blanc n'est pas reconnu, tandis que l'abstention est un bon moyen de montrer son mécontentement de cette politique actuelle. Pour que je vote Huchon dès le premier tour, il faudra qu'il se décide à monter au créneau, à aller au contact, à me convaincre sur quelques grandes lignes de projet que je ne vois pas (encore ?) surgir.

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11 février 2010

Sarkozy est-il le roi du monde ?

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Sarkozy, notre bon Président, le voila le sauveur de la France. Du moins se complait-il à le penser. Petit état des lieux, regardons et comparons le bruit médiatique autour de notre Chef de l’Etat. N’allons pas jusqu’à faire des tests avec Barack Obama, Nicolas Sarkozy risquerait de faire une bonne chute (de tension). Alors, Sarkozy est-il le roi du monde ?

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10 février 2010

www.googIe.fr aka www.elysee.fr

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Cliquez sur www.googIe.fr, vous allez être surpris. Etonnant, non ? En tapant googie.fr on arrive sur le site elysee.fr. Une belle redirection. En mettant un simple "i" en majuscule, on croirait être sur le moteur de recherche google.

Après une rapide recherche, on peut observer que le nom de domaine googie.fr a été déposé le 27 Janvier 2010, anonymement bien évidemment. Qui est à l'origine de ce canular et pour quelles raisons ? Un militant UMP qui veut faire du zèle ? Comment les équipes de communication de l'Elysée vont-elles réagir ? Car s'il est peu probable que les équipes de Nicolas Sarkozy soient à l'origine de cette redirection, c'est bien vers le site de la Présidence de la République que ce nom de domaine redirige.

Après les désormais fameux "trou du cul du web", force est de constater que Nicolas Sarkozy est devenu une cible de premier choix pour les comiques sur internet.

UPDATE : Après avoir sollicité la Présidence de la République, l'Élysée dément formellement être à l'origine de ce site et de cette redirection.

Google réagira-t-il pour demander une levée de l'anonymat pour détournement de son URL (cf Politique de gestion des litiges pour les domaines internet français de l'AFNIC) ?

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09 février 2010

Anti-sèche versus prompteur, ou le duel Palin - Obama

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Dans le Tennessee à l'occasion du premier congrès national du «Tea Party», l'égérie de la droite américaine s'en est prise à Barack Obama en le qualifiant de "mec charismatique avec un prompteur". Celle qui incarne le nouveau girl power anti-Obama continue son ascension médiatique, et avec l'aide notamment de la chaîne de télévision Fox News sur laquelle elle officie comme éditorialiste, Sarah Palin pourrait bien incarner l'opposition la plus visible à Barack Obama lors des prochaines échéances présidentielles.

Sarah Palin qui s'en prend au prompteur d'Obama, c'est attaquer sur la forme, sur le contenant. Vouloir briser la carapace de l'image pour mieux ensuite attaquer l'homme et sa politique. Intéressant, une stratégie de communication politique (de Palin) pour s'attaquer à une posture de communication politique (d'Obama).

Et en voyant la vidéo de l'antisèche de Sarah Palin circuler, on en viendrait à se demander si le coup n'était pas préparé. On peut notamment lire dans la paume de la main de la républicaine les expressions "énergie", "impôts" et "redonner le moral aux Américains".

Ce qu'on retient de cette histoire, c'est une Sarah Palin old-school et offensive qui s'en prend à un Barack Obama robotisé. L'authenticité conservatrice de l'anti-sèche contre le formatage démocrate du prompteur. En deux images une vraie posture pour Sarah Palin. Certes Sarah Palin passe pour une idiote, mais les américains ont bien élu George W Bush à deux reprises ...

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07 février 2010

Régionales : les candidats ministres à mi-temps

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Un ministre sur deux est candidat aux régionales, comme le relate Le Figaro beaucoup de ministres se sont engagés dans la campagne des régionales. Des têtes de liste régionales : Valérie Pécresse en Ile-de-France, Xavier Darcos en Aquitaine, Alain Joyandet en Franche-Comté, Alain Marleix en Auvergne, Dominique Bussereau en Charente-Maritime, Hervé Novelli dans la région Centre, Bruno Le Maire en Normandie et Valérie Létard dans le Nord-Pas-de-Calais. Mais aussi des têtes de liste départementales : Brice Hortefeux, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Hubert Falco, Henri de Raincourt, Benoist Apparu et Nora Berra. Et enfin les "simples candidats" : Rama Yade, Hervé Morin, Nadine Morano, Marie-Luce Penchard et Luc Chatel.

Joli casting, non ? Vingt ministres candidats, huit têtes de liste aux régionales. Ne nous demandons pas qui garde les enfants, mais plutôt qui travaille pour la France. Dans le journal Sud-Ouest, nous avons la réponse pour le cas de Xavier Darcos qui "ne sera à Paris que les mardis et mercredis et le reste de la semaine en Aquitaine". Il est certain que la France connaît le plein emploi et aucune crise actuellement, le Ministre du Travail doit pouvoir se permettre un travail à mi-temps pour son poste au gouvernement.

Pendant encore plus d'un mois, la moitié de nos ministres vont laisser à moitié vacant leurs fonctions dont ils se complaisent à répéter qu'ils les assument "au service des Français". On peut parier qu'une bonne partie de l'autre moitié viendra les soutenir dans leurs campagnes, comme le premier d'entre eux François Fillon hier en Aquitaine. Comme si l'on pouvait se permettre un gouvernement fantôme. A moins que ce ne soit déjà le cas le reste de l'année.

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04 février 2010

Maljournalisme

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Sans commentaire

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03 février 2010

Sarkozy et les régionales : ira, ira pas, ira !

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Nicolas Sarkozy et les élections régionales, un vieux feuilleton. Rappel des deux épisodes précédents. Entre le meeting de l'UMP à Aubervilliers en Novembre et le sarkoshow sur TF1 la stratégie du Président de la République a fait un virage total à 360, Le Monde l'explique très bien : "Le chef de l'Etat, qui était intervenu lors du conseil national de l'UMP le 28 novembre à Aubervilliers pour présenter les têtes de listes et ouvrir le préambule des régionales, n'a désormais plus l'intention de se mettre en avant. Sur le plateau de TF1, lundi 25 janvier, il a expliqué que ce n'était pas la place d'un président de la République".

Donc officiellement aux dernières nouvelles, Nicolas Sarkozy aurait endossé son rôle de chef de l'Etat, de Président de la République. On ne pourrait qu'applaudir qu'il prenne (enfin !) un peu de hauteur et devienne le Président de tous les Français.

Patatra, un nouvel épisode avec la venue de Sarkozy chez les Corses. La Corse, l'une des deux seules régions avec l'Alsace, dirigée par la droite, devient un enjeu en vue des élections régionales. Mais les sondages ne sont pas très bons, la gauche pourrait emporter cette région. Sarkozy arrive donc avec sa casquette d'éternel candidat, et aussi son gros chéquier : "d'ici 2017, ce sont 2 milliards d'euros qui auront été consacrés au rattrapage de la Corse" dixit Sarkozy. Ça sonne bien, le chiffre est impressionnant, les électeurs corses devraient se réjouir, et voter pour l'UMP.

Le problème, c'est que les deux barons de l'UMP en Corse, Camille de Rocca-Serra et Ange Santini, respectivement Président de l'Assemblée de Corse et Président du conseil exécutif, se vouent une haine implacables. Ce qui a engendré cette petite phrase de Nicolas Sarkozy en plein discours lors de son déplacement : "c'est rassemblés qu'on va gagner; on ne peut pas faire autrement". Puis, comme le relate Le Figaro, d'ajouter devant les militants UMP : "Au niveau national, on va essayer de reconquérir ce qu'on a perdu en 2004. Mais ce qui est important, c'est de garder ce qu'on a, leur a-t-il dit. Ici, on doit se rassembler autour de Camille (de Rocca Serra) et Ange (Santini)".

Il est loin le Sarkozy qui annonçait à propos de son implication dans les élections régionales que ce n'est "
pas la place d'un président de la République". Sarkozy ne sera donc jamais Président. Amen.

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02 février 2010

Jean-Claude Marin coule

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C'est bien Le Figaro : la droite décomplexée s'y sent tellement bien qu'elle confirme ce qu'elle essaye de démentir. Démonstration avec Jean-Claude Marin, le procureur de Paris dont on parle beaucoup en raison du procès Clearstream.

Interview dans Le Figaro donc de Jean-Claude Marin par les journalistes Stéphane Durand-Souffland et Marie-Amélie Lombard-Latune. Première question du Figaro : "
avez-vous envisagé de ne pas faire appel du jugement Clearstream ?". Réponse du tac au tac de Monsieur Marin : "Oui, si Dominique de Villepin avait été condamné…". Alors quand Le Figaro titre cette même interview par un "Marin : «J'ai agi en magistrat, pas en stratège politique»", il y a de quoi rire.

"Oui, si Dominique de Villepin avait été condamné…", le procureur de la république n'aurait pas fait appel. Pas besoin d'explication. Que le journaliste Denis Robert ait également été relaxé, Monsieur Marin s'en moque par exemple. Sa cible, c'était Dominique de Villepin. Un procès politique. CQFD, et c'est Marin qui le démontre. Elle est pas belle la vie ?

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01 février 2010

La voix du senior

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"Ce n'est pas la même chose de cambrioler un quadragénaire qu'une personne de 85 ans", qu'il a dit Brice Hortefeux à la télévision chez ses amis de TF1, suite au meurtre de deux vieux dans l'Oise. La revoilà la bonne vieille tradition du "un fait divers = une loi". Et notre ministre de l'intérieur d'annoncer que les sanctions pénales seraient aggravées pour les auteurs d'agressions contre les personnes âgées.

Mais Brice n'a pas prévenu Michèle, du coup MAM n'est pas contente, et la ministre de la Justice renvoie son camarade Hortefeux dans le bac à sable garder les sceaux, en balançant chez ses amis d'Europe 1 : "les propositions en matière pénale sont faites soit par le ministre de la Justice, soit par les parlementaires". Heureusement que Michèle Alliot-Marie est là, sinon le camarade Authueil en serait presque venu à ne plus voter UMP à cause des imbécilités d'Hortefeux.

Frédéric Lefebvre quant à lui soutient Hortefeux : "Il faut au contraire se montrer réactif comme le fait si bien Brice Hortefeux pour adapter notre législation aux nouvelles formes de délinquance". Lefebvre doit confondre réactivité et précipitation. Et surtout, Lefebvre devrait aller lire le blog de Maître Eolas avant de dire n'importe quoi, Eolas prouve que tout existe déjà pour protéger nos petits vieux.

Mais les vieux ne lisent pas (ou peu) les blogs. Et les vieux ont regardé Hortefeux sur TF1. Hortefeux qui défend les aînés, un public important pour les élections. Des citoyens qui votent en masse, de plus les séniors sont la base de l'électorat de Sarkozy. Quand il faut aller chercher les électeurs avec les dents, tout est bon.

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