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21 juin 2010

Il faut sauver le soldat Royal

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Qui connaît Ségolène Royal ? J'avais bien tenté un message subliminal, pour inciter Ségolène Royal à aller au prochain concert de Lady Gaga, mais je crains que l'ancienne candidate socialiste aux présidentielles ne soit définitivement oubliée d'ici là. Coup sur coup, deux drames dans la vie de Ségolène Royal sont (sur)venus jusqu'à moi.

Tout d'abord, je retrouve l'existence d'un compte Twitter de Ségolène Royal. Et là, c'est le drame : seulement 2000 followers et quelques militants ! Même Jean-Paul Huchon en a plus qu'elle, c'est dire !

S'en suit la découverte d'un machin du nom de FRAaction, présenté comme le réseau social de Désirs d'avenir. Et là, c'est le drame : seulement 650 membres, et à peine 66 amis pour le profil "Ségolène" ! Il faut dire que le nom de ce réseau social, FRAaction est aussi mauvais que le design du site est laid que la fluidité du réseau social est catastrophique.

Comment en est arrivé là celle qui faisait se déplacer les foules, mais surtout celle qui avait - en lançant Désirs d'avenir - révolutionné la communication politique digitale française. A l'heure où se murmure que l'UMP lâcherait son réseau social (information démentie), alors même que Les Créateurs de Possibles était censé appuyer la campagne de l'UMP pour 2017, Ségolène Royal rame à contre-courant en lançant son réseau social. Certes aucune communication, aucune prétention, autour de FRAaction, mais rien n'empêche d'y amener un minimum de professionnalisme, même si elle envisage son réseau social comme un local de campagne décentralisé.

Impossible de comprendre Ségolène Royal, depuis la campagne des régionales elle pratique la stratégie du silence. Une stratégie dangereuse, surtout pour celle qui nous avait habitué à des prises de paroles aussi nombreuses qu'originales. Une hypothèse : justement cette gestion du désir à la Mitterrand, pour faire de sa parole rare un phénomène médiatique, une façon de peser plus qualitativement que quantitativement, de se placer au-dessus de la mêlée grâce à une aura quasi-divine.

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19 juin 2010

République Solidaire : Villepin lance le Parti Chiraquien

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République Solidaire : Dominique de Villepin a donc dévoilé le nom de son machin politique, le nom et son logo. Un nom déjà : République Solidaire, qui transparaît un visage très altruiste, presque catholique, plutôt en adéquation avec les valeurs que les Français attendent de la société.

Un mouvement au logo bien basique : deux vagues, le bleu et le rouge pour montrer à la fois le mouvement et le rassemblement du bleu et du rouge, le fameux ni gauche ni droite, au dessus des partis. Mais avec la couleur du nom du mouvement "République Solidaire" en bleu, inconsciemment plus proche de la droite malgré tout. Un logo pour République Solidaire qui, quoique cheap, correspond bien aux valeurs annoncées par Dominique de Villepin.

Je me suis donc rendu au meeting de lancement de République Solidaire. Pour voir, observer. Et finalement peu écouter, un discours dans le contenu très chiraquien : on est tous potes (sauf avec Sarkozy), vive la justice sociale. Un discours de Dominique de Villepin qui parle de politique étrangère, qui parle de la place de la France dans le monde, qui parle d'Afrique et du conflit Israëlo-Palestinien : du pur Chirac.

Deux vraies surprises en revanche : déjà peu de monde, 4000 personnes maximum qui n'arrivaient pas à remplir la moitié de la Halle Freyssinet. En regardant les JT de 20h sur TF1 et sur France 2, on peut dire que les journalistes ont été sympa, en cadrant de façon à ne pas montrer le vide en fond de salle. En revanche, les choix des rédactions des JT ont clairement poussés le lancement de République Solidaire au plus loin dans l'ordre des sujets abordés : vers 20h10 sur France 2, vers 20h20 sur TF1, bien après les réactions aux propos de Nicolas Anelka, après la mort d'un soldat en Afghanistan, après les inondations dans le Var.

Une première surprise donc, un nombre limité de militants pour Villepin, le chemin sera long pour 2012. La seconde surprise : un public très mixte, autant d'hommes que de femmes, autant de jeunes que d'adultes (et finalement peu de vraiment vieux), et surtout un public black/blanc/beur encore mieux que l'équipe de France de football. Au final, le sentiment d'y voir les gens "normaux" et modestes de l'UMP : pas les bling-bling, pas les femmes liftées ni les jeunes fils et filles à papa.

Un public populaire, comme les apprécie tellement Chirac. Dominique de Villepin aura aimé montrer qu'il apprécie ce public, lors d'un long bain de foule concluant son discours. Mais parfois les détails ne trompent pas : République Solidaire s'ancre bien à droite, preuve en est des macarons en vente 3 euros au bar du meeting. République Solidaire : un mélange finalement très hétérogène de déçus du sarkozysme, de mélancoliques du chiraquisme, et de désespérés de la gauche non opposante.

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18 juin 2010

Une zone noire à Draguignan ?

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Combien faut-il de morts dans une catastrophe naturelle pour que les pouvoirs publics jugent nécessaires de définir une zone noire ?

Souvenez-vous de Xynthia, cette tempête qui a provoqué des inondations entraînant la mort de 53 personnes à la fin du mois de Février. Emballement médiatique, tout ce que la France compte de pouvoirs publics directement ou indirectement concernés se déplaçant sur les lieux de la catastrophe, y allant de son discours et de ses propositions. Et au final, pour montrer que les actes suivent les maux, la définition de la désormais fameuse "zone noire" et plusieurs centaines d'habitations devenues inhabitables sous couvert d'expertises aussi rapides que donc suspectes. Peu importe la colère des locaux, la vox populi apprécie la force de réaction des pouvoirs publics.

A peine 4 mois après Xynthia, la météo s'en prend aujourd'hui à la région de Draguignan, une crue et des coulées de boue provoquant la mort de 25 personnes. A lire Le Monde, les raisons de cette catastrophe naturelle semblent assez simples à expliquer. Dans un premier temps, des explications météorologiques (les "épisodes cévenols") pour lesquelles se pencheront les conseillers des pouvoirs publics pour proposer à force de communications empathiques pour renforcer le système de surveillance des crues. Dans un second temps, des conditions aggravantes (nature des sols principalement) pour lesquelles il semble difficile de proposer des réponses.

Il en reste que le système Vigicrues a prouvé son inefficacité la plus totale. Alors, si on proposait, au nom du fameux principe de précaution, de définir des zones noires à Draguignan ? Après tout, il y a des pertes de vies humaines, soyons bêtes et méchants : si les pouvoirs publics ne trouvent de solutions autres que la mise en zone noire, pourquoi ne le feront-ils pas pour Draguignan ?

Observez le bruit médiatique. OK, on parle de ces inondations dans le Var, de ces morts toujours de trop. Mais on parle surtout de football ! On parle des 70 ans de l'Appel du 18 Juin ! Surtout n'effrayons pas le brave citoyen, pour une fois qu'il se détend médiatiquement de cette société anxiogène, surtout n'en rajoutons pas. Une crue et puis s'en va l'émotion. La réponse politique à une catastrophe naturelle est à géométrie médiatique variable. A quoi tient une zone noire : à un vide médiatique au moment donné, à quelques morts de plus.

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17 juin 2010

Les valeurs et les préoccupations des Français

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Si la récente enquête réalisée par TNS-sofres sur "les valeurs importantes du quotidien" pour les Français trouve un réel intérêt pour aider les professionnels du marketing, de la communication ou de la publicité, comme le note très justement Grégory sur son blog, les résultats devraient également trouver un écho pour toute personne qui se veut faire de la communication politique.

Dans cette enquête (réalisée pour Pélerin) deux questions trouvent un véritable intérêt, pour comprendre l'opinion publique générale des Français : "les valeurs les plus importantes au quotidien" et "les valeurs qui manquent le plus au quotidien". On croirait lire une étude anti-sarkozyste d'un psychologue, quand on voit que les Français réclament des valeurs comme : la politesse, l'écoute, la patience, la sincérité, la gentillesse, le sens des responsabilités. Sont rejetées les valeurs comme la curiosité, l'audace, l'ambition, la débrouillardise, qui elles colleraient plus avec le Président de la République.

Cette étude donne l'impression d'une volonté des Français de respirer, toujours une vision un peu conservatrice de la population. Nous sommes dans un pays finalement assez a-progressiste, qui a besoin de valeurs de "rassurance". De quoi axer les prises de parole de nos chers politiciens en manque de popularité.

Et en couplant avec une autre enquête sur les préoccupations des Français, on peut presque prédire les discours politiques des futurs candidats qui veulent coller au plus proche des ressentiments et des attentes. Dans le top 5 des préoccupations des Français : le chômage à 75%, loin devant les retraites (56%), la santé (52%), l'école (42%) et l'assurance maladie (31%).

Observez les axes de prises de parole de nos hommes politiques, s'ils vous promettent un "langage de sincérité sur la réalité du chômage en France" ou une "écoute des attentes des malades pour une meilleure école de demain". Si vous voyez fleurir de belles opérations de communication faisant apparaître des élus solidaires, souriants et gentils, des hommes politiques qui passent des heures à dire des "merci" et à écouter les braves citoyens, vous aurez compris tout l'intérêt que les communicants portent aux lames de fond sociétales que savent montrer les sondages.

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16 juin 2010

La mort (médiatique) programmée de Dominique de Villepin

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Dominique de Villepin doit mourir, Sarkozy le veut. Dans un récent sondage, 18% des Français pensent que l'ancien Premier Ministre ferait un bon Président de la République. Peu importe le pourcentage au final, pour le Chef de l'État ce sera toujours trop, Nicolas Sarkozy ne peut supporter une concurrence à droite. Comme dirait l'autre, nos pires ennemis en politique sont toujours dans notre propre camp.

Oublié le procès Clearstream, en se chiraquisant Dominique de Villepin a réussi à balayer d'un revers de main les affaires. Car même si de Villepin ne rêve que d'une chose en se rasant le matin - être en 2012 calife à la place du calife - Sarkozy le redoute plus pour son pouvoir de nuisance (et l'on sait, souvenez-vous Jospin, combien les voix sont importantes au premier tour) que pour sa capacité à monter sur le trône de France.

Opération destruction, l'UMP redoute une belle couverture médiatique de l'Appel du 19 Juin, le lancement officiel du mouvement de Dominique de Villepin. Si les procès n'ont pas réussi à achever Villepin, la bataille se joue donc désormais sur le terrain médiatique.

Cela commence par un sondage totalement bidon commandé par les amis sarkozystes du JDD, duquel on retiendra que le gaullisme est "un courant d'idées revendiqué par certaines personnalités politiques mais qui ne veut plus dire grand-chose". 45% des sondés le disent, et peu importe que 2 questions sur les 3 soient clairement négatives, n'importe quel bon sondeur devrait hurler au manque de professionnalisme, voire à la désinformation. Pour Villepin qui se positionne en héraut de la France au-dessus des partis, une De Gaulle touch, le coup fait mal.

Second round : Sarkozy va déjeuner ce mardi avec Chirac. Bien évidemment en prenant soin d'en informer les journaliste, dans un restaurant proche de l'Elysée, la symbolique est proche : ce n'est pas Chirac qui va à Sarkozy, mais bien l'inverse dans l'inconscient de l'opération de communication. Sarkozy tape là où ça fait mal, en coupant Villepin de son mentor, il veut le priver d'une partie de la sur-popularité du retraité.

Troisième round : la commémoration du 18 Juin par l'UMP. Vous voulez des belles images, vous voulez qu'à la veille du lancement du parti politique de Dominique de Villepin on n'en parle pas ? Alors inondez les rédactions, occupez le terrain médiatique. A l'UMP, on prépare en force l'hommage de Xavier Bertrand à Colombey-les-Deux-Eglises, deux heures avec les JT de 20h. A l'Élysée, le déplacement de Nicolas Sarkozy pour la commémoration en direct de Londres. Et on annonce quelques surprises ...

Résultat : Dominique de Villepin contre-attaque. A la façon Royal, il se place en martyr, en accusateur, preuve en est de la lettre envoyée aujourd'hui à ses militants. Et quand on voit la nullité des vidéos que les équipes de Villepin sont capables de mettre en ligne, on se demande si Sarkozy ne fait tout pour aider Villepin.

Sarkozy a cela du petit enfant gâté, et là se trouve sa faiblesse. Dominique de Villepin, quoique fasse Sarkozy pour le détruire, continuera sa course vers 2012, jusqu'au dernier moment. En tentant toutes les stratégies possibles et inimaginables pour le détruire, Sarkozy ne fait que regonfler Dominique de Villepin. C'est là où devrait intervenir ses conseillers pour lui faire raison garder.

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15 juin 2010

"11 septembre écologique"© by Barack Obama

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"11 septembre écologique" : pour parler de la marée noire que subissent les Etats-Unis dans le Golfe du Mexique, Barack Obama a donc employé cette expression - 11 septembre écologique - dans une interview au journaliste Roger Simon pour le magazine en ligne Politico. Plus précisément, le Président américain a déclaré : "In the same way that our view of our vulnerabilities and our foreign policy was shaped profoundly by 9/11, I think this disaster is going to shape how we think about the environment and energy for many years to come”.

La comparaison est forte, Obama sait qu'elle fera mouche, en bon communicant bien entouré qu'il est. En France, déjà plus de 100 publications sur Twitter parle de ce "11 septembre écologique". Les sites internet des médias traitent de cette information, avec plus ou moins de précaution sur la traduction et la perspective, jugez : Barack Obama compare la marée noire à un 11 septembre écologique pour le Nouvel Obs, Obama évoque un "11-Septembre écologique" pour Europe 1, La marée noire du golfe, un «11-septembre écologique» pour Obama sur Libération.

Je déteste les comparaisons historiques, lorsqu'en France on parle d'événements qui "rappellent les pires moments de l'histoire" ou qu'aux États-Unis les attaques du 11 Septembre 2001 soient utilisés à des fins politiques, l'impasse idéologique se trouve toujours au coin du plan de communication.

Les attentats du 11 Septembre 2001, ce sont plus de 3000 morts, et plus de 6000 blessés . L'explosion de la plateforme de forage Deepwater Horizon du pétrolier BP a quant à elle fait 11 victimes, 11 employés morts, ceux que l'on appelle les "11 oubliés" tant l'indignation écologique les a relayé dans les oubliettes de l'histoire.

Les conséquences du 11 Septembre sont nombreuses : l'invasion par les forces occidentales de l'Afghanistan, puis la seconde guerre d'Irak, mais aussi la création de centres de rétention tels que Guantanamo. Comparons les événements, mais aussi les conséquences : Barack Obama va-t-il envoyer l'armée américaine chez tous les pétroliers de la planète ? Va-t-il faire torturer Tony Hayward, le PDG de BP ?

Au-delà de la phrase choc, du petit mot qui fait beau pour montrer aux Américains et au reste du monde que Obama sera le Président écolo que l'opinion publique attend ; au-delà d'une énième opération de communication parfaitement millimétrée par les spindoctors de Barack Obama, on se permet de jouer avec les sentiments, de manipuler les esprits en récupérant des émotions fortes pour faire passer des messages. A trop vouloir surfer sur le storytelling, la communication politique devient le talent de faire coller un homme avec des messages devenus apolitiques, tellement ils transpirent la bienpensance déterminée à coup de sondages.

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14 juin 2010

De l'apéro géant saucisson-pinard de Sylvie François

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Un groupe facebook "Apéro géant Saucisson et pinard à La Goutte d'Or !", l'idée pourrait être fort sympathique si derrière cette idée ne se cachait pas une piètre communication des groupuscules d'extrême droite (La Goutte d'Or étant un quartier accueillant nombreux musulmans). Nul doute de la proximité de son organisatrice, une certaine Sylvie François, avec la droite dure, il suffit de constater la liste des soutiens, qui eux ne se cachent pas de leurs véritables idéaux.

Ne nous trompons pas, derrière ce que le journal Métro appelle une provocation se cache une opération de communication. Une opération assez maligne, finalement réussie car on en parle, de groupuscules qui utilisent la notoriété d'un quartier (La Goutte d'Or) couplée à un phénomène de société (les apéros géants sur facebook) pour faire passer leurs messages politiques (que je combats). Une opération réussie, Jean-Marc Morandini en parle sur Europe 1, plusieurs média relayent l'information.

Une fois de plus, sujet traité car "un bon buzz en perspective", et donc forcément bâclé. Allez fouiller fans Google, pas un seul pour creuser le vrai fond du sujet. On reprend certains propos de ladite Sylvie François. Et France Soir de relater les propos : "en tant que femme, ça devient difficile pour moi de me promener à Barbes parce que je ne suis pas voilée". Ou France 24 qui reprend ce genre de phrase : "trouver du pinard et du saucisson à la Goutte d’Or, depuis un certain temps, relève de l’exploit" Et je ne parle pas de certains blogueurs dont un qui "trouve l’initiative intéressante, parce que les prières en pleine rue, et le non-respect du droit me choquent", tout en étant "mitigé".

Problème : Sylvie François n'existe pas. Pas besoin d'être policier aux Renseignements Généraux, pas besoin d'une longue enquête de terrain d'un journaliste chevronné. Juste quelques clics pour se rendre compte que Sylvie François est un fake. Un fake que les médias n'hésitent pas à interviewer, sans prendre de précaution, sans s'interroger sur qui se cache derrière.

Une petit précision : j'habite ce quartier depuis maintenant plusieurs années, cinq ou six pour être exact. Et il est facile de se renseigner à La Goutte d'Or. Pour avoir de nombreux contacts avec les élus locaux - plusieurs ont répondu à mes questions lors de la précédente campagne des municipales - de l'extrême gauche à l'extrême droite, pour fréquenter l'ensemble des lieux de vie du quartier qui a tout du village, il est intéressant de constater que personne ne connaît cette Sylvie François (ni même sa photo que l'on peut trouver sur son profil Facebook).

J'invite donc Sylvie François, nous allons ensemble nous rendre dans les différentes épiceries de la Goutte d'Or, elle constatera qu'il est possible dans la majorité d'entre elles d'acheter de l'alcool, et même du saucisson dans plusieurs. J'invite Sylvie François à m'accompagner faire la tournée des bars du quartier, elle verra qu'on peut aisément boire un bon verre de vin (ou un Ricard pour moi), en terrasse également, sans même se faire dévisager. Je me propose d'accompagner Sylvie François pour qu'elle découvre le nombre de femmes non voilées qui se promènent sans être dévisagées, elle pourra même mettre une jupe et des talons.

Il est triste de constater combien certains médias et autres analystes et commentateurs de la vie politique sont prompts à décrypter les actions politiques menées par Nicolas Sarkozy, ou par le gouvernement et le Parti Socialiste. Mais pour un sujet pourtant ô combien sensible comme celui-ci, personne ne va creuser, personne ne va sur le terrain, personne ne va aller dénoncer une vaste fumisterie, une communication minable d'un groupuscule qui ne rencontrerait jamais un tel écho sans le populisme dont se gargarise notre société.

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L'Observatoire Permanent des Béni-Non-Non (pub)

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La promotion de L'Observatoire Permanent des Béni-Non-Non, ça commence par un tweet directement adressé en reply, plutôt malin, forcément je clique, et vu que je trouve le concept marrant je le fais circuler.

La promotion de L'Observatoire Permanent des Béni-Non-Non, ça se poursuit avec un mail personnalisé, plutôt gentil, j'adore que l'on m'appelle "Monsieur Mandret" ... Un regret en revanche avec ce mail, maintenant je sais qui se cache derrière ce blog, j'ai le nom de l'une des rédactrices.

Et la confirmation d'un blog bien engagé à droite en réalité que cet Observatoire Permanent des Béni-Non-Non. Certes on pouvait s'en doute en lisant la description ("Le statut de Béni-Non-Non est bien plus qu'un sacerdoce, c'est un effort de longue haleine. S'opposer avant même de réfléchir, toujours dire non par principe, un esprit de contradiction par définition, une mauvaise foi inébranlable") et le contenu. On pouvait l'imaginer en visionnant la vidéo de présentation, franchement réussie et amusante.

Tout le monde n'est pas Juan de Sarkofrance, qui arrive à préserver son anonymat et donc le mystère qui l'entoure. En se révélant, je verrai forcément derrière
l'Observatoire Permanent des Béni-Non-Non une militante UMP, candidate à plusieurs élections sous cette étiquette. Mais ne boudons pas notre plaisir, les blogs réussis et drôles de véritables militants de droite sont tellement rares qu'ils méritent d'être encouragés.



Pub ? Le lundi désormais, je promeus certaines des informations que je peux recevoir par mail.

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10 juin 2010

Quand les Américains découvrent les réseaux sociaux

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On pourrait penser que nos amis américains sont toujours parfaits et géniaux dès que l'on parle de stratégie digitale, et principalement en communication politique depuis le triomphe d'Obama sur le web et notamment sur les médias sociaux. Récemment j'ai eu l'occasion de rencontrer dans les locaux de Yahoo! deux des stratèges de la campagne online de Barack Obama, Joe Rospars et Sam Graham-Felsen. On ne peut être que respectueux, admiratif et un peu jaloux aussi de leurs visions et travaux accomplis. Si cette rencontre vous intéresse, Pauline Pelegrin a résumé cette rencontre, et Natacha et Sacha Quester-Séméon ont réalisé une très belle interview.

On en viendrait à penser que tout est bon et beau chez les Américains. Qu'ils sont les meilleurs et les plus doués. Qu'elle ne fut pas ma surprise en recevant un mail d'un amateurisme bluffant, expéditeur : "l'ambassade des Etats-Unis en France". On retrouve tous les travers de la mauvaise communication digitale. Un mail qui commence par la phrase : "Vous qui vous intéressez aux activités de l'ambassade des Etats-Unis en France, nous voulions vous faire part du fait que nous avons étendu notre présence sur la toile". Un mail groupé, bien évidemment, pas de formule de politesse, aucune personnalisation, le B.A BA pourtant d'une approche efficace. Et je passe le fait que je ne me sois absolument jamais intéressé aux activités de l'ambassade des États-Unis en France.

Le mail s'achève par un "Nous vous attendons nombreux !". Je ne sais qui me parle, toujours aucune formule de politesse en fin de mail. Aucun contact identifié, une adresse email standard, froide et anonyme. Si je veux répondre, j'écris quoi, "Chère ambassade des États-Unis en France" ?.

Bref ce mail de l'ambassade des États-Unis en France pour suivre leurs activités en ligne. En gros : ils sont présents sur Twitter (@USEmbassyFrance), ils ont une Page Fan sur Facebook, et une chaîne sur YouTube. Mais ça fait pas très sérieux : aucune vidéo sur leur compte YouTube depuis 3 mois ... Et dans le mail, on me parle de "discuter" et "d'échanger", mais quand je regarde le compte Twitter, pas un seul reply, pas un seul retweet. Difficile d'être à la hauteur de ces annonces, même quand on est l'ambassade des États-Unis en France.

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08 juin 2010

Comment récupérer Lady Gaga en communication politique

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Depuis Avril 2008 et la sortie du single Just Dance, la carrière de Lady Gaga ne cesse de croître de semaines en semaines. Âgée de 24 ans seulement, la chanteuse est devenue l'une des personnalités les plus connues de la planète, consacrée artiste la plus influente par le magazine Time.

En à peine deux ans, sa vision de la communication et du marketing surpasse déjà celle d'un Steve Jobs construite en plus de 25 ans. Comme l'explique le camarade Laurent, Lady Gaga est "la première à utiliser de manière aussi forte le marketing affinitaire et à utiliser tous les leviers digitaux de notre temps". De quoi faire rêver plus d'un vieux loup des métiers de la communication ou du marketing, des heures pour tenter de théoriser et analyser les coulisses de ce succès.

En Octobre 2010, Lady Gaga reviendra à Paris pour offrir deux concerts à son public. Une occasion unique pour se donner le temps de préparer une approche, pour un homme ou une femme politique de surfer sur cette vague médiatique aspirationnelle. Pour exister en politique (et être élu) il faut créer du bruit médiatique autour de sa personne, de ses idées et de son programme. Alors quand il est possible de surfer sur un tsunami médiatique, il est bon de réfléchir à la bonne stratégie pour ne serait-ce que récupérer une vaguelette, toujours mieux qu'un calme plat.

Évidemment le jeu est dangereux, beaucoup on des plumes à y perdre. Surfer sur le succès de la chanteuse à la mode, un Jean-Pierre Raffarin s'y est risqué avec Lorie, et l'on connaît tous le grotesque qui s'en est suivi, ce dont JPR se serait bien passé au regard de sa déjà bien maigre crédibilité. Alors quel personnage politique français pourrait se risquer à une communication autour de Lady Gaga ?

Bien évidemment impensable : Nicolas Sarkozy, au-delà de provoquer la fureur de Carla Bruni en se rendant au concert d'une chanteuse (forcément) plus populaire que son épouse, le Président de la République serait assurément sifflé et hué par les spectateurs. Et le caractère bouillonnant d'une Lady Gaga rebelle n'hésiterait probablement pas à prendre le Chef de l'Etat directement à partie. Suicidaire.

Il y a ceux qui en ont déjà trop fait avec le jeunisme, avec le "je suis proche de vous, je parle comme vous", tels un Jean-François Copé ou un Xavier Bertrand. Ceux-là ont surtout besoin de se positionner sur le fond plus que sur la forme, de présenter une alternative crédible, sérieuse et anti-sarkozyste à leurs images.

Avec un discours profondément gayfriendly, avec une image subversive et décalée, on peut aisément imaginer le public (plutôt jeune) de Lady Gaga avec une sensibilité plutôt marquée à gauche. Difficile donc pour un élu de droite de surfer sur la vague Gaga. Même une Nadine Morano pourtant grande gueule ne devrait s'y risquer, même sous prétexte d'accompagner ses enfants, assurée de se mettre à dos un bon nombre d'associations avec lesquelles elle se doit de discuter en tant que Secrétaire d'État chargée de la Famille.

A droite seule une Rachida Dati serait capable d'assumer une communication en se rendant au concert de Lady Gaga. On l'imagine déjà, accompagnée d'un "ami" photographe et d'une "amie" journaliste d'un hebdo féminin. On l'imagine avec son discours de solidarité féminine, de proximité populaire. Malheureusement, elle n'aurait rien à y gagner, elle a trop monopolisé les pages glacées des magazines people.

A gauche, la problématique est différente. Il ne s'agit pas de se positionner pour exister face à la sur-puissance (politique et médiatique) de Nicolas Sarkozy. Le principal enjeu de la gauche en terme d'image politique est d'arriver à proposer un projet alternatif, compréhensible et crédible. Ils doivent montrer le visage de politiciens qui bossent, qui réfléchissent, qui veulent et peuvent agir.

Finalement, une seule pourrait s'emparer de Lady Gaga. Car elle est devenue plus une people qui navigue dans le milieu politique, qu'une femme politique à proprement parler. Ségolène Royal, elle qui fait son beurre en créant la polémique, elle qui se moque des avis négatifs, elle qui surfe sur le paradoxe. Une égérie politique à la rencontre de la pasionaria artistique. De belles images à exploiter, un vrai discours à construire. De vraies méchancetés assassines pour continuer la communication, et se positionner en sainte martyr.

On s'ennuie dans les coulisses de la politique française actuellement. Et notamment car Ségolène Royal a pris du recul. Je rêve de son retour en force, de son arrivée à Bercy au concert de Lady Gaga, elle seule pourrait lui piquer la vedette dans les tabloïds français. Ségolène Royal a besoin d'un nouveau départ, pour détruire une nouvelle fois les éléphants socialistes et remporter la primaire présidentielle. Elle seule est capable de tout. Bien enrobée, bien préparée, une sortie de la rockstar poitevine pourrait marquer le départ de la tournée Royal.

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07 juin 2010

Besson communique avec ses fans sur Facebook

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Le Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire a lancé «Les Lundis Républicains». «Les Lundis Républicains» sont officiellement un "cycle de rencontres visant à offrir une "réflexion approfondie" sur le thème de l'identité nationale et des valeurs républicaines". Avec les guillemets pour la "réflexion approfondie", peut-être n'en sont-ils eux-même pas sûr au cabinet d'Eric Besson. On traduit : «Les Lundis Républicains» sont un machin qui ne sert à rien sinon à servir de caution pour faire croire que le débat sur l'identité nationale était une super bonne idée et qu'on ne l'a pas tout à fait enterrée.

Preuve en est que ces «Lundis Républicains» sont une (parmi tant d'autres) coquille vide, l'amateurisme de la communication politique autour de cet événements, notamment sur Facebook. Un conseiller d'Eric Besson a du prendre le premier stagiaire qui passe et lui demander de "faire du buzz" sur internet avec ces «Lundis Républicains», car internet c'est pratique quand on a ni de budget ni d'idées, n'est-ce pas ?

Voici probablement comment je me suis retrouvé invité à un événement sur FacebookE sobrement intitulé : «Les Lundis Républicains» : 10 invitations réservées aux amis facebook. On imagine déjà la foule en délire se battre pour être sélectionnée et faire partie des 10 privilégiés à rencontrer Eric Besson.

Un merveilleux exemple d'opération de communication politique digitale qui manque de sens, de logique et aussi d'ambition, mais surtout de courage. Pour participer à la loterie du Ministère de l'Immigration il faut être "membre de la page officielle d’Eric Besson". J'imagine la justification dans le mail du stagiaire : "vas-y Coco, comment que je vais te booster la visibilité du boss sur le réseau facebook". Moi qui déteste tant la notion de Fan en politique, voila qu'un ministre nous prouve qu'il n'est bon de discuter qu'avec ses amis, entre nous. Peu importe l'intérêt intrinsèque du web à l'ouverture et à la discussion libre avec l'ensemble des parties prenantes.

Pour conclure l'absence totale de non professionnalisme, ce chef d'œuvre : "Adressez avant le 10 juin votre candidature à : ericbesson.actu@gmail.com Merci d’indiquer le lien vers votre profil facebook". C'est beau comme du militantisme digne d'une section locale des Jeunes UMP. Surtout ne prenons aucun risque. Surtout soyons moderne. Pour un Ministre qui dirige un mouvement nommé «Les Progressistes» et a été secrétaire d'État en charge du numérique, il y a de quoi trembler devant une telle vision moderne de la communication online.

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06 juin 2010

La vraie politique autrement ?

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L'Islande n'étant traitée dans les médias français que pour l'impact de l'éruption de son volcan au nom imprononçable, une information passée quasi inaperçue : un comique islandais du nom de Jon Gnarr va devenir le nouveau maire de Reykjavik, la capitale islandaise. Durant toute la campagne, Jon Gnarr et son parti, le "Meilleur parti" ont mené une campagne décalée, originale et détonnante.

Dans la vidéo ci-dessous, le "Meilleur Parti" annonçait notamment comme éléments de son programme : la distribution de serviettes gratuites dans les piscines de la ville, le don d'un ours polaire pour le zoo, la création d'un Disneyland à Vatnsmyri ou encore le bannissement de toutes les drogues au sein du Parlement d'ici 2020.



Un contenu aussi loufoque que son contenant. Pour faire passer ses messages politiques, le "Meilleur Parti" a beaucoup utilisé les vidéos et internet, avec dans cet exemple une reprise du tube de Tina Turner devenant une parodie politique. Loufoque certes, mais jamais dérangeant pour ne pas passer la ligne jaune, et finalement séduire et intriguer les électeurs islandais tout en ne braquant personne. Du pur entertainment politique.

On pourrait croire à une énorme farce, se souvenir de la campagne électorale de Coluche aux élections présidentielles de 1981, à la différence que le "Meilleur Parti" est arrivé en tête des suffrage avec 34,7% des voix, remportant ainsi six des 15 sièges de conseillers municipaux à Reykjavik.

Imaginez en France une Anne Roumanoff ou un Dany Boon élus maire de Paris (ou pas : pas assez drôles), et le tremblement de terre que cela provoquerait dans notre paysage politique.

Dans chacun des partis politiques traditionnels français, des politiciens traditionnels clament leur désir de cette politique autrement. Renforçant d'autant plus le désintérêt et le rejet des citoyens pour ces partis, pour ces élus. Car derrière le trublion comique islandais et son discours décalé se cache avant tout une forte dénonciation de la responsabilité de l'intelligentsia politique et économique du pays, pointée du doigt dans la crise que subit l'Islande depuis plus de deux ans. Où s'arrête la farce, où commence le populisme ?

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