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29 juillet 2010

Les gens du voyage s'en vont en fumée

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Il fallait oublier la descente sans fin aux enfers du gouvernement Fillon, il fallait redonner un petit coup de booster à Nicolas Sarkozy pour qu'il passe un bon été en se délectant d'être au centre des discussions, il fallait que le bon peuple (de droite surtout) oublie que nos dirigeants n'arrivent pas à combattre la crise économique.

Alors on a trouvé les Roms, les gens du voyage, peu importe la distinction, le bon Français blanc de souche s'en moque. Alors on s'est emparé d'un bon fait divers (comme il y en a des dizaines par semaine) pour le faire monter. Et voici donc les mesures de la marionnette Brice Hortefeux pour «sanctionner des comportements illégaux".

Au programme des mesures donc : démantèlement des camps illégaux, reconduites à la frontière, contrôles fiscaux accrus. Du bon programme sécuritaire comme l'aime le Nicolas Sarkozy avec ses bons gros sabots de Père fouettard.

Démantèlement des camps illégaux.
Surtout ne pénalisons pas les communes en totale illégalité avec la loi de 1990 imposant des aires de stationnement dans les villes de plus de 5000 habitants. Et les gens du voyage installés sur des camps illégaux, une fois partis, en admettant qu'ils soient délinquants : le deviendront-ils moins (délinquants) en étant en mouvement sur les routes de France ?

Reconduite à la frontière.
Le plus répugnant certainement : Brice Hortefeux a clairement indiqué vouloir une réforme de la loi sur l'immigration qui vise à procéder «à la reconduite quasi-immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l'ordre public ou à des fraudes en direction de la Bulgarie ou de la Roumanie». Le gouvernement propose donc de changer la loi de la République française, suite et uniquement suite à un fait divers, qui cible une certaine partie de la population française, uniquement les Roms. Comment nommer une politique qui traite différemment des humains en fonction de leurs origines ?

Contrôles fiscaux.
Surtout stigmatisons bien la population des gens du voyage, voici du Hortefeux dans le texte qui surfe sur des préjugés bien populistes pour argumenter le détachement de 10 inspecteurs du fisc : "beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes". Sont-ce vraiment des propos que l'on attend d'un Ministre de la République ?

Plus c'est gros, plus ça passe. Sarkozy et Hortefeux se moquent des hurlements des associations, des robinets d'eau tiède de l'opposition indignée : les roms, les gens du voyage, les gitans, on ne les aime pas. Et puis, c'est moins sensible politiquement de pointer du doigt les roms que les arabes, les noirs ou les musulmans. Combattre les méchants délinquants roms avec un bon discours raciste et populiste ne dérangera pas les quelques bonnes âmes de la droite qui n'aime pas les excès verbaux du sarkozysme.

L'UMP doit reconquérir son électorat de droite. Sans le traumatiser avec ce que l'opinion publique déteste dans la méthode de Sarkozy. Tous les observateurs ont compris que l'artillerie lourde a été lancée pour élever un monstrueux nuage de fumée autour des mesures sécuritaires combattant les gens du voyage. Un monstrueux nuage de fumée pour oublier la crise, pour oublier surtout les affaires (au premier plan desquelles l'affaire Woerth-Bettencourt). Alors, la sécurité ça marche toujours, notamment auprès des séniors, et Sarkozy doit garder le vote des vieux, les moins soumis aux problèmes d'insécurité étant toujours les plus demandeurs de discours ultra-sécuritaires.

On voit donc le nuage de fumée. Il monte, il envahit les recoins de tous les médias amis du pouvoir, il se vomit de la bouche de tous les sarkozystes. On voit le nuage de fumée s'élever. Et l'on voit des mesures que l'on ne peut pas ne pas condamner, combattre, rejeter. Alors on parle, on parle du nuage de fumée, ou bien des mesures, ou bien des deux. Et on ne parle pas de la crise, ni des affaires politiques. La fumée dans le nuage de fumée.

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23 juillet 2010

Communication politique versus communication publique

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Très certainement, le "Bonjour, je suis Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, vous venez d'appeler le standard de la Région ouvert du lundi au vendredi de 8h à 19h" en messagerie du répondeur de la Région Poitou-Charentes deviendra culte. Pendant quelques heures ou jours au maximum. On rigolera, on critiquera, on défendra, on commentera. Et on oubliera.

Tout comme on a (presque) oublié le ramdam autour du compte Twitter du Ministère de l'Intérieur. Une très mauvaise utilisation de l'outil, très certainement sans véritable réflexion ni stratégie en amont, on imagine un petit nouveau chargé de communication au Ministère, qui (auto-)proclamé geek a réussi à vendre l'ouverture du compte Twitter ; et la réponse de ses supérieurs : "vas-y coco c'est à la mode le Twitter". Pauvre petit jeune qui, voulant bien faire en citant Brice Hortefeux, a oublié de le préciser et d'utiliser les guillemets. Bronca sur Twitter, moqueries autant politiques qu'automatiques.

Derrière ces deux exemples, le même constat du mélange des genres : communication publique versus communication politique. Ségolène Royal qui utilise les moyens de la Région dont elle est Présidente pour faire parler d'elle, Brice Hortefeux qui utilise un outil de son Ministère pour médiatiser ses interventions. Comme le résume Élu Local sur Twitter : "
Quand on tweet les résultats des élections et qu'on fait son job: Ok. La propagande politique en revanche: marre".

Les ministres défilent, les ministères restent. Alors que les programmes et les actions des hommes politiques s'enchaînent, se font et se défont, dans les Ministères les fonctionnaires restent, et portent avec eux, en eux, les politiques publiques, la République Française tatouée en leur sein. Idem dans les régions, les villes, et toutes les institutions publiques.

Il serait tellement simple pourtant d'avoir, en prenant l'exemple de Twitter, un compte pour le Ministère (l'institution) et un pour le Ministre (le politicien), le premier géré par un fonctionnaire du service de communication et financé par l'administration, le second par un membre de l'UMP et financé par le parti. Que ce soit "pour faire du buzz" comme ils disent, par amateurisme bien souvent dans la communication digitale, ou volontairement pour utiliser le denier public et non celui des partis politiques jamais assez important, l'utilisation des outils de communication de la République pour porter la voix des élus entraîne forcément un mélange des genre malsain.

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22 juillet 2010

Communication politique sur Linkedin

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A chaque outil son intérêt. Trop de groupes sur Facebook, au final on ne s'y intéresse plus. Le blog ne se prête guère aux échanges rapides et simplifiés. Et pour une thématique aussi spécifique et ciblée que la communication politique, j'ai trouvé que Linkedin (réseau social professionnel) requérait tous les avantages pour discuter et échanger sur ce sujet : un lieu modéré, un lieu où l'on parle entre passionnés et professionnels. J'ai donc créé le groupe "communication politique" sur Linkedin.

Dans ce groupe, déjà plus d'une cinquantaine de personnes, de tous horizons. Des hommes et des femmes, des militants et des observateurs, des communicants et des critiques, des gens de gauche ou de droite ou d'ailleurs, des étudiants et des vieux de la vieille, des journalistes et des blogueurs. Un peu d'animation est d'ores et déjà prévu pour faire vivre ce groupe.

Dans un premier temps, chaque vendredi le "sujet de la semaine" pour recueillir les avis des membres du groupe sur une personne, sur un outil, sur une stratégie, sur un événement historique, etc. Le premier sujet a été proposé par Baptiste : "
Est-ce Facebook va jouer un rôle important dans les campagnes sachant qu'il y a plus de 15 millions de Français de plus de 18 ans inscrits sur Facebook ?". Rendez-vous ce vendredi pour y participer.

Dans un second temps, une rencontre dans la "vraie vie", un apéritif à la rentrée en Septembre à Paris. Pour se connaître, pour échanger de vive voix, pour faire connaissance.

Si vous êtes intéressé(e), on vous accueillera avec plaisir.

20 juillet 2010

Vive les vieux !

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Le saviez-vous ? En 2007, Nicolas Sarkozy a obtenu 68% des suffrages des Français de 70 ans et plus et 61% des votes des 60-69 ans (source Ipsos). En France en 2007, la classe d'âge des 60 ans et plus rassemblait plus de 13 millions de personnes, soit environ 27% de la population en âge de voter (source Insee).

Quand on sait que les vieux votent plus que les autres tranches de la population, on peut en conclure que sans les vieux, Nicolas Sarkozy n'aurait pas été élu Président de la République. Ou alors, il aurait malin et aurait adapté son discours aux bonnes populations. Les enjeux des vieux ont été décortiqués moult fois, et n'évoluent que très peu, nos séniors sont moins sensibles aux rapides mouvements d'opinion.

On pourrait ajouter encore plein de vérités déjà connues : la déconnexion entre les lubies des communicants en mal d'innovations derniers cris quand nos vieux dans leur globalité mourront sans avoir jamais consulté un blog, un réseau social ou même un site d'information en ligne. Je pense (et j'espère) que toutes les décideurs des partis politiques savent l'importance des vieux lors des prochaines élections présidentielles de 2012.

Mais alors que font-ils ? Pourquoi le PS ne dresse-t-il pas un plan d'action spécial papys et mamies ? Pourquoi le Modem ne nous harcèle-t-il pas avec les 5 idées qui changeront la vie des séniors ? Pourquoi l'UMP ne lance-t-il pas une tournée des sages dans les maisons de retraites pendant l'été ?

Le premier candidat qui attaquera la cible vieux, prendra position, se placera comme le porte-parole des vieux deviendra leur héraut médiatique, et obligera de fait les autres à répondre, à controverser, à se positionner. Le premier qui dégaine gagne toujours, les autres récupèrent les balles perdues. Pour le moment, avantage à l'UMP, traditionnellement plus conservateur. Les autres partis politiques pourraient profiter que la droite française patauge dans les affaires politico-financières pour rattraper leur retard. Mais le veulent-ils vraiment ?

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15 juillet 2010

La censure comme outil de communication politique

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Les médias vont devoir s'y habituer : de plus en plus, ils devront affronter le cas d'annonceurs publicitaires qui cherchent à faire parler d'eux à tout prix. En allant toujours dans le plus trash, le plus provocateur et le plus racoleur, certains peuvent ainsi espérer une campagne de communication au prix le plus minime. En se faisant refuser leur campagne de publicité, certaines personnes peuvent ainsi hurler à la censure et de fait bénéficier d'un véritable focus sans dépenser le moindre euros d'achat d'espace.

En France, souvenez-vous de la campagne anti-tabac de l'association Droits des non-fumeurs (DNF), elle montrait des jeunes hommes et jeunes femmes en train de faire une fellation à un adulte, mais avec une cigarette à la bouche. Publicité rejetée, scandale des hommes politiques dont la Secrétaire d'Etat Nadine Morano, on ne parle que ce ça pendant 48h sur internet, et dans les médias. La polémique plus forte que la publicité, en visibilité bien évidemment, mais aussi en discussion, à la différence que l'on parle plus de la polémique que de la lutte anti-tabac.

Aux Etats-Unis, on passe un cran au-dessus. Les chaînes de télévision CBS et NBC ont réfusé de diffuser un spot publicitaire, publicité du National Republican Trust PAC qui incite les Américains à s'élever contre la construction à deux pas de Ground Zero d’un centre culturel musulman. Ce projet de mosquée financée par l'Association américaine pour la promotion de l'islam (American Society for Muslim Advancement) est soutenue par le maire de New-York Michael Bloomberg. Voici la vidéo en question.



Évidemment les amalgames sont choquants. Évidemment on comprend la censure par NBC et CBS de cette publicité. D'ailleurs la provocation du National Republican Trust PAC n'est pas une surprise, déjà le mouvement du journaliste Scott Wheeler avait lancé durant la campagne des présidentielles américaines une publicité affirmant que Barack Obama avait financé un permis de conduire au pirate de l'air des attentats du 11 septembre. Et le mouvement se sert donc bien évidemment de cette censure pour promouvoir son action et cette vidéo, avec succès quand on voit les plus de 100 000 visionnages.

En France, les petits partis politiques ne pourront que s'inspirer de ces opérations de communication politique. Peu importe d'avoir les (monstrueux) budgets pour faire de l'achat d'espace, il suffira d'être encore et toujours plus polémiques. Pour faire parler de soi à tout prix, on devrait assister (si leurs communicants sont un minimum malins) à une recrudescence de campagnes publicitaires virales. Se faire censurer pour exister dans le paysage médiatique politiques. Créer la controverse pour exister durant 48 heures de l'agenda médiatique. Il va falloir s'accrocher.

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14 juillet 2010

Mes tweets politiques du jour

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Parfois je regrette de ne pas avoir le temps de développer ce dont je peux parler (brièvement) sur Twitter. Et c'est là tout l'attrait de Twitter : une info, un lien, ça prend 30 secondes à publier, on clique et on zappe. Seulement je sais que beaucoup lisent ce blog, mais pas mes updates sur Twitter. L'occasion donc de vous encourager à m'ajouter dans vos followers.

Aujourd'hui par exemple, trois statuts en lien avec la politique. Les voici.

"ma participation à la Fête Nationale : http://bit.ly/bRan97 (je ne m'en lasse pas)"

"voici le nouveau clip de François Bayrou : http://www.youtube.com/watch?v=Qf3-mX5pH4M&feature=related"

"http://www.france.fr/ est (déjà) HS, je n'arrive pas à croire qu'on ne prévoit pas a priori une capacité suffisante, ça fait "so amateur""



PS : au sujet de France.fr, je me souviens avoir écrit une lettre à France.fr il y a maintenant plus de deux ans !

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13 juillet 2010

Les plateaux (de TV) ont un sens

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Hier soir donc, Nicolas Sarkozy a passé les plats au journaliste David Pujadas à qui l'on avait transmis les questions auxquelles le Président de la République daignerait bien vouloir répondre. Le clan Sarkozy ce matin a découvert les chiffres d'audience : moins d'un téléspectateur sur trois a regardé Nicolas Sarkozy, moins d'un Français sur 10 a savouré le Sarkoshow. Nous pouvons cependant lui faire confiance, la Cour de l'Élysée saura rassurer le Petit Nicolas, déjà certains se sont étalés en flagorneries sur Twitter.

Sur le fond, l'analyse est plutôt simple : Sarkozy a été nul, un Sarkozy tendu et parano. Sur la forme, les allocutions présidentielles sont toujours passionnantes, notamment dans la mise en scène, un véritable spectacle. Comme disait celui qui allait chercher les stars du milieu pour mettre en valeur Mitterrand lors de chacune de ses prises de paroles télévisuelles, Jacques Pilhan : "le décor, la mise en scène sont tout aussi importants que le fond". Observons donc le plateau de l'interview d'hier soir.

Crédit photo : Présidence de la République - L. Blevennec


Déjà on a vu pour la première fois un Sarkozy grisonnant, un Sarkozy moins maquillé qu'à son habitude, les traits tirés, toutes cernes et rides en illumination. On se demande si le coiffeur du Chef de l'État n'a pas fait la teinture hebdomadaire de la coiffe présidentielle, où pire si une coloration "homme sage" a été appliquée pour montrer la nouvelle posture de Sarkozy.

Une nouvelle posture donc : être au-dessus des partis, au-dessus des polémiques. Un plateau trop sobre et parfaitement immaculé, pour montrer un Président clean. La simplicité pour véhiculer la transparence, sauf qu'à ne rien montrer du tout, on doute de la sincérité, on cherche ce qu'on a bien voulu cacher dans les placards pour faire le grand ménage. Inconsciemment faire une interview sans aucune paperasse, c'est montrer un Président sans ses dossiers : sans "les dossiers" comme affaires politico-financières, mais aussi sans "les dossiers" de celui qui est censé travailler pour la France. A double tranchant.

Une table sobre, des chaises simples, aucune décoration, aucune note, pas de chichis ni de fioritures : le Président s'est donc montré hier soir à nu, ce devait être le brief des conseillers en communication de Sarkozy. Et la terrasse s'est probablement imposée d'elle-même : faisons genre "Le Président reçoit sous sa pergola". Sauf que le plan de fin avec le luxe des jardins de l'Élysée rappelait le luxe de la fonction, et à chaque plan de coupe on s'attendait à voir surgir un majordome en livrée servir ces messieurs d'une tasse de thé raffiné.

En choisissant d'installer le Président de la République sur la terrasse de l'Élysée, les communicants du Château extirpait Nicolas Sarkozy de son bureau, le lieu du pouvoir et du travail, et donc symboliquement "hors" de l'Élysée. Presque un signe d'abandon des responsabilités, de vacances du pouvoir. Avec le son, en écoutant un Sarkozy récitant ses fiches invisibles tel un mauvais élève qui sait avoir mal appris sa leçon, on assistait au spectacle d'un comédien répétant sur une scène nue un rôle trop grand pour lui, incarnant un personnage sans ses attributs.

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12 juillet 2010

LOL politique : les réactions de l'UMP au #sarkoshow sur Twitter

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"Trois mots pour résumer l'allocution du Président : juste, raisonnable et responsable" - Christian Estrosi, Ministre chargé de l'Industrie, Maire de Nice

"Intervention de Nicolas Sarkozy : a droite on sait qui est le chef ... et a gauche ?" - Lionel Tardy, Député 2ème circonscription Haute-Savoie

"Un Président convaincant et combatif" - Dominique Bussereau, Secrétaire d'État chargé des Transports

"L'intervention du président aura permis de redonner du sens a l'action de la majorité et a calmer le jeu" - Benoist Apparu, Secrétaire d'État chargé du Logement et de l'Urbanisme

"saluons le sang froid du Président" - Arnaud Robinet, Député de la Marne

"Le Président de la République a réaffirmé la priorité donnée à la réforme et aux sujets de préoccupations des Français" - Frédéric Lefebvre, Porte Parole de l'UMP


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11 juillet 2010

Allemagne : les médias à la botte de Merkel ?

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Si vous ne regardez pas la télévision allemande, vous ne devez certainement pas connaître Steffen Seibert. En Allemagne en revanche, Steffen Seibert est au cœur de l'actualité, car il est depuis 8 années le présentateur vedette du JT de 19h00 sur la chaîne ZDF. Âgé de 50 ans, Steffen Seibert tourne aujourd'hui la page pour remplacer Ulrich Wilhelm en tant que porte-parole de la Chancelière allemande Angela Merkel.

Neuf mois à peine après sa réélection, Angela Mekel est affaiblie, ce qui pourrait être une chance pour l'Europe si Herman Von Rompuy décidait de prendre les choses en main. Merkel est une battante, une battante orgueilleuse qui va devoir reprendre les choses en main elle-même pour reconquérir d'abord les leaders de son propre camp, et aussi chaque électeur allemand, elle ne supporterait pas un second mandat inutile qui pourrisse à cause d'un mauvais départ.

En allant chercher Steffen Seibert, elle réalise un joli coup politique et médiatique, en montrant qu'elle n'a pas perdu la main et qu'elle arrive à recruter autour d'elle des esprits neufs, charismatiques et surtout populaires. Imaginez que Nicolas Sarkozy aille débaucher David Pujadas de France 2 pour en faire son porte-parole (ZDF est la seconde chaîne de télévision (publique) outre-rhin).

Imaginez que Sarkozy aille débaucher Pujadas. Quel scandale n'est-ce pas ? Qui ne hurlerait pas (moi le premier très certainement) à la fin de l'indépendance entre politiques et médias ? On pourrait s'interroger (à raison) sur la morale et le professionnalisme du journaliste quand il informait les citoyens. Avec la preuve de la proximité (voire complicité) politique entre le plus haut personnage de l'État, et l'un des présentateurs les plus regardés du pays, on se demanderait où s'arrête l'information et où commence la manipulation.

Sauf que vue de France, Angela Merkel bénéficie d'une aura de personne intègre. Un personnage qu'elle s'est construit, car proche de sa personnalité certes, mais à grand renfort de communication politique car proche de la personnalité qu'attendent les Allemands en période de crise. Angela fait ses courses au supermarché, évidemment que l'on apprécie cela en France. La sobriété de l'appartement d'Angela Merkel, forcément on en rêve pour nos élus de la République française.

En Allemagne, Angela Merkel peut justement se permettre de muscler sa communication politique en allant recruter Steffen Seibert. C'est tout l'avantage de s'être construit une image intègre et responsable, on peut se permettre de gros écarts. Nicolas Sarkozy payera pour toujours son passé jemenfoutiste bling-bling, dommage pour lui d'avoir grillé ses cartouches dont il aurait tant besoin dans les moments les plus durs.

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10 juillet 2010

LOL politique : Ingrid Betancourt et ses 6,6 millions de dollars

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"Ingrid Betancourt, qui a été retenue en otage pendant plus de six ans par la guérilla avant d'être secourue par l'armée, a engagé des poursuites contre l'Etat colombien en relation avec son enlèvement, et réclame 6,6 millions de dollars à titre de compensation pour les effets traumatiques et les pertes de revenus liés à sa captivité dans la jungle"
Ingrid Betancourt réclame 6,6 millions de dollars à la Colombie - L'Express

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09 juillet 2010

Il faut sauver le petit Nicolas

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Cher Nicolas,

certains t'ont proposé de reproduire l’affaire Bruni-Biolay pour allumer des contre-feux people à l’affaire Woerth-Bettencourt. Comme dirait les anglo-saxons : déjà-vu ! Voici donc mon humble avis.

Te souviens-tu de ton prédécesseur, ce cher Jacques Chirac, l'un de ses proches avait eu une idée bien farfelue : la dissolution de l'Assemblée Nationale. Pas très malin à l'époque, on s'en gausse encore. Mais le Vieux comme tu aimes le surnommer était déjà usé vieilli fatigué. Toi tu es coriace et encore plein de vigueur, hein Nicolas ?

Tu n'es jamais aussi bon qu'en conquête. Je vois en toi le syndrome du fils pourri-gâté : tu veux un jouet, le plus gros et le plus cher. Une fois que tu l'as reçu, tu le jettes et le méprises. Avec la France et les Français c'est pareil : tu as besoin de les séduire, des les conquérir pour que tu les aimes, sinon tu les oublies. Regarde ton joujou : la République est toute cassée, tu y as trop joué en la malmenant, maintenant elle pleure.

Mon petit Nicolas, tu t'es fait tellement d'ennemis partout que maintenant tout est bon pour te détruire : regarde l'affaire Woerth, ce n'est qu'un exemple. Tout le monde sait comment les informations fuitent, et pourtant tu ne peux rien faire, tes ennemis sont trop nombreux. L'opinion publique ne t'aime plus. Ton propre camp commence à conspirer. Alors agis, et vite !

J'en suis persuadé, dissous ! Une bonne dissolution du gouvernement Fillon, et pchiiit les affaires abracadabrantesques. (De plus, ça te permet de dégager François qui commence à prendre un peu trop de place, non ?) Avec les bons communicants qui t'entourent, ça passera tout seul. Tu enrobes ça dans "
le besoin de la confiance des Français pour engager les grandes réformes dont notre pays a besoin". Et c'est gagné. Finies les affaires Woerth et toutes celles dans les starting-block des méchants journalistes de l'internet et du Twitter.

Je te connais bien maintenant Nicolas. Je suis prêt à parier que si tu dissous, la droite gagnera. Encore. Et pourtant je n'aime pas la droite décomplexée, mais j'ai pitié de toi. Partout on me raconte ta déprime, tu manges de plus en plus de chocolat, et ni le sport ni les remontants de Carla n'arrivent à te rebooster. Tu vas mal, admets-le ! Alors, dissous : repars en campagne, tu y es tellement bon, aller au contact du peuple c'est ton truc, les bruits et les odeurs de la foule ça te fait vibrer. Prends la tête des élections législatives, évidemment que tu ne vas pas confier ça à Xavier Bertrand !

Voila, j'en arrive à la fin de cette lettre. Mais avant de convoquer Paris Match pour faire ton annonce de dissolution, il faut mettre en enjeu : si tu perds les législatives, tu démissionnes. Tu ne veux pas passer pour un looser qui finira en vieux monarque reclus dans son Château, il faut que cette annonce pète, que ça clique et que ça claque. Tu fais le ramdam assuré du second semestre 2010, toi au centre de toutes les discussions ; Nicolas on ne parlera que et uniquement que de toi !

Msieur l'Président d'la République, vous avez mes coordonnées, alors si tu as encore besoin de moi, appelle-moi. J’ai plein d’idées, tu sais. J'ai même déjà trouvé ton hymne de campagne.

Luc



PS : Au fait, j’espère que tu as gardé le numéro de Rachida, elle ferait une bonne porte-parole je pense, c'est une petite jeune qui monte.

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08 juillet 2010

LOL politique : le "j'accuse" de Frédéric Lefèbvre

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"J’attendais qu’une voix s’élève contre ce torrent de boue. L’attente est trop longue ! Je le fais, moi, en sachant parfaitement qu’une fois de plus le « système » va me prendre pour cible car il n’aime pas les vérités qui dérangent, et qu’on va me dire en « service commandé ». Je le fais car le déferlement populiste qui s’abat sur notre pays me donne la nausée. Je le fais parce que je ne peux m’empêcher de penser qu’il reste un peu de dignité au fond du cœur de ceux qui participent au viol collectif de nos principes. Que tout le monde se ressaisisse ! J’accuse parce que j’ai mal à la politique, mal à la démocratie, mal au peuple, mal à la France."
Frédéric Lefèbvre - France Soir

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06 juillet 2010

Villepin se lance dans le digital art

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Dès que la politique en France s'essaye au marketing artistique, les échecs se succèdent, allant du ridicule à l'inefficace en passant par le totalement grotesque. On se souvient récemment du véritable bad buzz du Lipdub de l'UMP, nous avons eu ces derniers jours le nouvel hymne du Parti Socialiste : composée par le camarade Jean-Jacques Nyssen et diffusée lors de la dernière convention nationale du PS, la chanson intitulée "il est temPS" a le mérite de n'être portée par aucune communication tentant d'expliquer le pourquoi. Dans le genre on surfe sur l'air du temps de façon irréfléchie, on se souviendra aussi de l'hymne des 100 ans du PS.

Alors parfois, il existe de belles surprises, et il faut les noter. Quelques temps après avoir le lancement de son parti politique République Solidaire, on peut trouver sur la chaîne Dailymotion du Club Villepin une vidéo. Réalisée par le tandem Jérôme Hadey et Baptiste Magontier (aka Bridoo sur MySpace), ce clip présente un réel, déjà artistique et ensuite jamais vu en communication politique.

Une durée idéale (moins de 2mn) pour une bonne viralité sur internet. Une bande son originale et punchy. Un modèle nouveau, et non un énième lipdub ou flashmob, qui mérite le respect. A la fin de la vidéo, République Solidaire apparaît comme un mécène, donnant la possibilité de cette réalisation : allez au-delà de la seule volonté de faire du buzz pour le buzz, une belle preuve d'intelligence pour se placer dans le digital art et non utiliser un outil comme simple propagande politique. Ce clip donne au final un souffle moderne et artistique à République Solidaire, montre en Dominique de Villepin le visage de celui qui fait confiance et donne la parole à de jeunes artistes. Un belle réussite de communication politique pour une première réalisation de ce nouveau parti politique.

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05 juillet 2010

Herman Van Rompuy va-t-il renaître des cendres belges ?

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Herman Van Rompuy est le premier président du Conseil européen, et pourtant qui connaît Herman Van Rompuy ? Et depuis le 1er décembre 2009 et l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le Président brille par son absence médiatique et son charisme plat. Celui qui s'est fait insulter lors de son premier discours au Parlement Européen de "serpillère humide" donne l'impression d'être à la botte des puissants Chefs d'États européens. Avec un peu de bonne volonté, Herman Van Rompuy pourrait pourtant bénéficier d'un courant lui permettant de donner (enfin) quelque grandeur à l'Europe, et à sa fonction.

Les trois plus puissants pays européens n'ont actuellement que faire de l'Europe : du pain béni pour Van Rompuy. En Allemagne, tout va mal pour Angela Merkel, et même si le protégé de la Chancelière, Christian Wulff, a remporté la Présidence du pays, la bataille a été un camouflet populaire et il est urgent pour Merkel d'affronter les désastres que subit sa politique interne. En Angleterre, le tableau est moins sombre mais la nouvelle coalition des conservateurs de David Cameron et des libéraux de Nick Clegg doit apprendre à travailler ensemble pour notamment mettre en place le plan de rigueur qui doit permettre de boucher le monstrueux déficit budgétaire du pays. En France, inutile d'insister, de l'élimination de la France en football à l'impopularité catastrophique de Nicolas Sarkozy en passant par les mésaventures à répétition du gouvernement Fillon, le pouvoir politique en place ne pense plus qu'à sa réforme des retraites et à son prochain remaniement pour oublier le grotesque de la nouvelle configuration gouvernementale.

Outre les crises propres aux pays membres, Herman Van Rompuy peut profiter d'une vraie crise des pays assurant la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne. L'Espagne vient de laisser la place à la Belgique. Une Espagne incapable de s'intéresser à l'Europe, tellement empêtrée dans une crise économique laissant le Premier Ministre espagnol José Luis Zapatero les bras ballants d'inertie. De l'autre côté, "la Belgique, pays sans tête, prend celle de l'UE" pour une durée de 6 mois qui ne suffiront très certainement pas à résoudre les problèmes de vacance du pouvoir.

Herman Van Rompuy, belge de surcroît, peut donc trouver une fenêtre de tir. Un Président du Conseil européen belge pendant une Présidence de l'Union européenne belge. Il est des moments où l'histoire sait donner rendez-vous à des personnages, il reste à savoir si Herman Van Rompuy réussira à saisir cette rare opportunité pour redonner de l'allant à l'Europe.

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